Colette en quelques dates

portraitcoletteÉvoquer la vie et l’œuvre foisonnantes de Colette en quelques lignes et quelques dates relève de la gageure. Le propos cependant n’est pas tant ici d’être exhaustif que de donner certains points de repères.

Née en 1873 à Saint-Sauveur en Puisaye, Sidonie Gabrielle Colette vit dans sa Bourgogne natale, dont elle gardera toute sa vie l’accent rocailleux, jusqu’à son mariage, à vingt ans, avec Henry Gauthier-Villars, dit Willy, critique musical en vogue, figure notoire de la vie mondaine parisienne qui lui fera rencontrer le Tout Paris,  auteur de romans légers sortis de ses ateliers d’écriture où parmi une escouade d’auteurs Colette fourbira ses premières armes d’écrivain. Colette se souviendra de ces années « Willy » dans Mes apprentissages (1936).

En 1900 ­paraît Claudine à l’école, sous le seul nom de Willy. Le succès est immédiat ; suivra la série des Claudine.Dialogues de bêtes, en 1904, sera signé Colette Willy, comme les titres suivants, mais ce n’est qu’en 1923 avec Le Blé en herbe que Colette, à cinquante ans, adopte définitivement le nom de plume sous lequel nous la connaissons, son patronyme. “Voilà que légalement, littérairement et familièrement, je n’ai qu’un nom, qui est le mien.”

A 32 ans, Colette entame une carrière de  mime, tout en continuant d’écrire.  La Vagabonde (1910),  L’Envers du music-hall (1913) relatent ces années de music-hall. Elle s’est séparée de Willy et s’est liée avec la marquise de Morny, dite Missy, qui inspirera le personnage de « la Chevalière » dans Le Pur et l’Impur (1941).

Puis, Colette mime fait place à Colette journaliste et chroniqueuse. Elle entre au  journal Le Matin où elle rencontre Henry de Jouvenel, rédacteur en chef, qu’elle épouse et dont elle a une fille.

Ses articles et chroniques paraissent en recueils (Les Heures longues, 1917, Dans la foule, 1918, Aventures quotidiennes, 1924), l’écrivain poursuit son œuvre, et la femme sa vie. En 1925 Colette, qui a divorcé, rencontre celui qui sera son dernier compagnon, Maurice Goudeket.

Les années de la maturité sont particulièrement fécondes. Colette publie des œuvres majeures comme  Chéri(1920), La Maison de Claudine (1922) où domine la figure tutélaire de sa mère, « Sido »,  La Fin de Chéri (1926),La Naissance du jour (1928), Sido, 1930,  magnifique évocation de sa mère mais aussi du Capitaine Colette, son père, cet ancien zouave devenu percepteur après avoir perdu une jambe à la bataille de Melegnano, cet homme secret dont  Colette disait : « C’est lui qui se voulait faire jour, et revivre quand je commençai, obscurément, d’écrire.” Elle adapte aussi pour le théâtre ses propres œuvres, écrit des scénarios, des critiques théâtrales (La Jumelle noire), collabore avec Maurice Ravel qui écrit la partition de L’Enfant et les sortilèges (1925).

Citons encore  La Chatte (1933), Julie de Carneilhan (1941), De ma fenêtre (1942) – celle de son appartement du Palais-Royal où Colette, immobilisée par l’arthrite sur son “lit-radeau “, écrivait  –, Trois…six…neuf… (1944), L’Etoile Vesper (1945), Pour un herbier (1948), Le Fanal bleu  (1949).

Femme de lettres comblée d’honneurs, Grand officier de la Légion d’Honneur, membre de l’Académie royale de Belgique (1936) et de l’académie Goncourt (1944), Colette s’éteint à Paris le 3 août 1954 ; elle sera la première femme à recevoir des obsèques nationales.