Jules Verne a-t-il mis le feu à l’Archipel ?

Écriture et mise en espace : Nathalie Prokhoris

Interprètes :

  • Pierre Longuenesse
  • Aurélien Osinski
  • Viviane Matignon
  • Nathalie Prokhoris

Diaporama : Foulques de Jouvenel

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Création en 2005

Durée de la Lecture : 1h30

Avec le soutien de Phonie-Graphie, association pour la promotion du grec moderne en France

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L’Archipel en feu occupe une place à part dans la série des « Voyages extraordinaires ». Point d’invention fantastique, point de savant excentrique, point de voyage souterrain, sous-marin, sublunaire ou utopique, mais un voyage dans l’histoire contemporaine. C’est la guerre d’Indépendance grecque (1821-1832) qui sert de toile de fond à ce roman d’aventures, où les personnages de fiction côtoient les acteurs réels de l’Histoire, où l’héroïsme se décline au féminin.

Jules Verne nous entraîne à travers tout l’Archipel – prétexte à quelques échappées vers le roman géographique et maritime –  dans une fresque romanesque dominée par la lutte entre un pirate grec, Nicolas Starkos, et un officier français, Henry d’Albaret, venu appuyer la cause de l’Indépendance ; un affrontement au centre duquel la belle Hadjine, fille du banquier Elizundo, jouera un rôle capital. . .

Publié en 1884, plus de cinquante ans après la fin de la guerre d’Indépendance, et aussitôt traduit en grec, le roman suscite une vive réaction en Grèce.

C’est cette polémique soulevée par L’Archipel en feu qui a servi de point de départ à l’écriture de cette lecture-spectacle, ou lecture-fiction.

Au fil d’une construction en tableaux, articulée autour d’un « colloque » et d’un « procès », on voit des « experts » interroger les méthodes de travail de  l’écrivain, mettre  en  relief les  différents  thèmes – explosifs pour certains –  à l’œuvre dans ce roman singulier et attrayant et en souligner les points forts ; on voit également des « avocats » en découdre autour de ce livre qui fut à l’origine d’une plainte déposée par les habitants d’un petit village du Magne, en Grèce, contre l’écrivain et son « infâme » roman ; on entend enfin Jules Verne et son éditeur,  Pierre-Jules Hetzel, discuter  des  enjeux – romanesques pour le premier, politiques pour le second  –  de L’Archipel en feu, dont on entendra de larges extraits.

La lecture-spectacle est accompagnée sur toute sa durée par un diaporama composé essentiellement d’un choix de gravures de l’illustrateur de Jules Verne pour L’Archipel en feu, Léon Benett, et de quelques photographies ; les scènes sont introduites par des placards annonçant le thème traité.

Ces gravures, d’une remarquable qualité artistique, nous présentent les personnages du roman, viennent à l’appui d’arguments avancés par tel « expert », ou d’illustration, par exemple, lors de l’exposé du parcours géographique  des personnages à travers les îles de l’Archipel…

L’Archipel en feu,  roman historique ? roman géographique ? roman maritime ? roman « féministe » ? Un peu tout cela peut-être à la fois !

Un roman en tout cas méconnu qui ne demande qu’à être (re)découvert.